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La polymicrogyrie

La polymicrogyrie (PMG) est un type particulier de dysplasie corticale dans laquelle la surface du cerveau est irrégulière et présente une cytoarchitecture simplifiée avec des girations excessives. L’imagerie par résonnance magnétique (IRM) est la technique de choix pour mettre en évidence la présence d’un cortex polymicrogyrique. L’IRM permet de montrer la perte du patron normal de gyration, une surface du cerveau irrégulière, un nombre accru de petits gyri d’environ 2-5 mm, des sillons peu profonds et une bordure irrégulière entre le cortex et la substance blanche sous-jacente. Si la région périsylvienne est atteinte (ce qui est le cas le plus fréquemment rencontré), les sissures sylviennes présentent une orientation horizontale anormale qui s’étend postérieurement jusqu’à la convexité pariétale. Le cortex présente une épaisseur anormale d’environ 5-10 mm au lieu des 2,5-4 mm observés dans la situation normale.


PMG périsylvienne (image fournie par William B. Dobyns, University of Chicago).


Les individus atteints de polymicrogyrie ont des signes cliniques variables en fonction de l’étendue de la zone atteinte. Lorsque la PMG concerne la région périsylvienne, les patients présentent généralement des problèmes pour articuler et/ou acquérir le langage. Ils ont tous un retard mental, généralement modéré, associé à une épilepsie.

La pathogenèse de la polymicrogyrie reste mystérieuse. La cause extrinsèque la mieux connue est infection intrautérine à cytomégalovirus. On sait néanmoins qu’il existe des formes génétiques de polymicrogyrie. Plusieurs cas familiaux de PMG pourraient suivre une hérédité liée au chromosome X. Dans certaines familles, seuls les hommes sont atteints alors que dans d’autres les hommes sont beaucoup plus sévèrement atteints que les femmes. D’autres familles suggèrent une transmission autosomique dominante ou autosomique récessive et il semble donc que la PMG soit génétiquement hétérogène.

Deux loci de polymicrogyrie ont été mis en évidence dans le génome humain. Le premier locus se trouve sur le chromosome 16 (Piao et al., 2002), et le second a été localisé sur le chromosome X (Villard et al., 2002).Le gène responsable sur le chromosome 16 a récemment été identifié (Piao et al., 2004). Il s'agit du gène codant pour la protéine GPR56, un récepteur orphelin couplé aux protéines G (GPCR) qui présente un grand domaine extracellulaire. Les mutations dans GPR56 causent une polymicrogyrie bilatérale fronto-pariétale (BFPP) chez les patients atteints. Chez ces derniers, c'est le cortex frontal qui est le plus atteint. Ces données nouvelles suggèrent que la signalisation faisant intervenir les protéines G pourrait être impliquée dans les processus d'organisation laminaire du cortex cérébral humain. Un travail récent montre que les mutations de la protéine GPR56 empêche sont transport cellulaire normal vers la membrane où elle doit normalement être clivée (Jin et al. 2007).